Hygiène informationnelle : comment ne pas devenir fou quand le reste du monde l'est ? (article traduit)

28.2.2022

Cet article est traduit de l'anglais. L'original se trouve ici, sur le site de Consciously Digital.

Consciously Digital™ est leader mondial de la formation au bien-être numérique. Depuis 2015, Consciously Digital accompagne ses clients à devenir plus conscients de la façon dont ils mettent en œuvre et utilisent la technologie, et à développer des compétences pour se développer à l'ère des distractions numériques. Consciously Digital défend les principes du "minimalisme numérique" et soutient les technologies qui améliorent nos compétences humaines.

C'est auprès de Consciously Digital que j'ai été formée et j'ai traduit cet article car je le trouve extrêmement utile.

Les événements tragiques qui se sont déroulés en Ukraine la semaine dernière ont un impact sur chacun d'entre nous.

Manque de sommeil, difficulté à rester concentré, incertitude quant à l'avenir et aux objectifs, et le yo-yo des émotions qui changent à quelques minutes d'intervalle - de l'espoir à l'anxiété, de la tristesse à la colère... et surtout, une envie irrépressible de continuer à lire les nouvelles et les médias sociaux, ce qui ne fait souvent qu'empirer les choses. Nous ne sommes peut-être pas en guerre sur le terrain, mais notre cerveau l'est certainement.

Dans ce post, nous partageons quelques règles basiques d'hygiène de l'information en ces temps difficiles.

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Courbe du deuil de Kübler-Ross, traduction du contenu :

  1. Déni, évitement, confusion, choc, peur
  2. Colère : Frustration, irritation, anxiété
  3. Dépression : sentiment de surcharge, d'impuissance, hostilité, fuite
  4. Marchandage : quête de sens, contact avec les autres, parler de son histoire
  5. Acceptation : explorer différentes options, planification, avancer

Source de l'image : Wikimedia commons, Consciously Digital (blog).

1.   Connaître et maîtriser les biais de votre cerveau

Notre cerveau a évolué de manière à favoriser notre survie, ce qui entraîne un certain nombre de penchants.

Biais viral : nous sommes plus susceptibles de partager des informations qui provoquent l'une des émotions suivantes : colère, anxiété ou effroi. Cela signifie que vous êtes plus susceptible de réagir à un post bouleversant sur les médias sociaux et de le partager, et que les fake news se propagent beaucoup plus rapidement que les non-fake, car elles déclenchent nos pires émotions.

La guerre se déroule non seulement dans l'espace physique, mais aussi dans l'espace virtuel. Il s'agit de la guerre pour vos émotions, qui cherche à vous entraîner dans la co-création de négativité et de haine.

Pour y résister, essayez plutôt de diffuser des émotions positives et constructives. Cela ne signifie pas que vous ignorez les faits tristes, vous refusez simplement d'amplifier la boucle de la négativité virale.

Biais de négativité : notre cerveau est câblé pour la survie, nous sommes donc plus enclins à chercher ce qui peut aller mal. Cela nous donne une certaine forme de satisfaction, car cela signifie que nous évitons potentiellement les problèmes.

Cela signifie que votre cerveau sera inévitablement attiré par les mauvaises nouvelles, et plus vous lirez de mauvaises nouvelles, plus vous aurez envie de lire pour vous calmer. Et plus vous serez anxieux. Ce qui nous amène au conseil suivant...

2.   Réduisez drastiquement votre consommation d'informations

Ne sélectionnez que quelques experts dignes de confiance que vous suivez, et au maximum 2 ou 3 sources d'information, idéalement avec des points de vue différents. Il n'y aura pas de source d'information totalement impartiale, mais vous pouvez au moins essayer de trouver un "juste milieu".

Ne consultez les informations qu'à des moments bien précis et soyez très strict avec vous-même.

Désabonnez-vous de toutes les notifications des sources d'information et des groupes de médias sociaux, et ne les consultez que lorsque vous en avez la capacité émotionnelle.

Vous pouvez également dire aux autres, surtout s'il ne s'agit pas de vos proches, que vous n'êtes pas prêt à aborder un sujet particulier parce qu'il est trop douloureux. Vous n'êtes pas obligé d'expliquer votre position à tous ceux qui vous interrogent à ce sujet, ni de prendre parti.

L'idée est de contrôler quand et comment les informations vous parviennent.

3. Parlez de vos émotions

Au lieu de vous cacher de vos propres émotions en consommant davantage d'informations ou en vous en distrayant par le biais d'un divertissement, parlez-en à un proche. Lorsque des choses horribles se produisent, nous passons tous par les mêmes phases - du déni à la colère, en passant par la dépression, la quête de sens et l'acceptation. (Accepter ne signifie pas oublier, mais plutôt trouver la paix en soi).

Plus vous parlerez de ce que vous ressentez, plus vite vous serez en mesure de passer par chacune de ces étapes. Si vous ignorez vos sentiments, vous risquez de rester bloqué dans l'une d'entre elles pendant longtemps. N'oubliez pas non plus que les médias sociaux sont plus susceptibles de vous bloquer dans la phase de colère, et que si vous voulez passer à la phase suivante, vous devrez peut-être en réduire l'utilisation pendant cette étape.

4. Autorisez-vous à faire une pause à tout moment

C'est fondamental.

Vous n'avez pas l'obligation de suivre toutes les actualités. Nous continuons sans doute à lire les nouvelles ou les médias sociaux, car cela nous donne l'impression de faire quelque chose, et nous détestons nous sentir impuissants.

Mais la triste vérité est que le fait d'être constamment au courant de tout n'aide ni vous ni personne, à moins que vous ne soyez un journaliste professionnel et que cela fasse partie de votre travail. Cela ne fait qu'épuiser votre énergie.

Que pouvez-vous faire à la place ? Tout d'abord, surveillez votre niveau d'anxiété, et si vous sentez que votre respiration change, que vos muscles se tendent, arrêtez tout ce que vous faites et prenez 3 longues respirations. Autorisez-vous à ralentir. Deuxièmement, concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire concrètement.

5.   Concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire concrètement pour aider ici et maintenant.

Si vous pensez que vous n'avez pas la santé ou les nerfs pour aller à une manifestation, vous n'êtes pas obligé de le faire. Concentrez-vous sur les petites choses pratiques qui relèvent de votre pouvoir actuel et de vos ressources physiques et émotionnelles.

Par exemple, pourriez-vous faire des dons à des organisations caritatives qui aident les réfugiés ? Offrir à quelqu'un de séjourner chez vous ? Signer une pétition à destination de votre représentant au Parlement ? Aider à coordonner l'accueil d'une personne à la frontière ou acheter des médicaments et les envoyer avec l'aide humanitaire ?

Si vous êtes inquiet pour vous-même et vos proches, notez tout ce dont vous devez vous occuper sur le plan juridique, financier et physique. Concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire ici et maintenant au lieu d'essayer de contrôler ce que vous ne pouvez pas.

6. Poursuivez vos activités physiques et professionnelles normales.

La crise n'est pas une excuse pour arrêter d'étudier ou de travailler, ou de prendre soin de son corps physique.

Si la plupart d'entre nous ont tendance à oublier de manger, de dormir ou de se concentrer sur leur travail lorsque des événements horribles se produisent, cela n'aide personne et ne fait que nous détruire.

Continuer à assumer vos responsabilités envers vous-même et les autres vous aide à garder les pieds sur terre et donc à être plus ingénieux en cas de besoin.

P.S. Et maintenant, que faire ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'impact des médias sociaux et les biais de votre cerveau, lisez le livre à succès d'Anastasia Dedyukhina "Homo Distractus".

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